Qu’est-ce qui a changé depuis le RGPD ?

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Cela a été l’acronyme à la mode de ce printemps, le RGPD est devenu petit à petit un mot connu et reconnu de tous, même si beaucoup de gens se sont méfiés de cette nouvelle régulation sur Internet, à l’heure où les fake news et les invasions des entreprises privées dans les affaires publiques ou dans la vie des citoyens ne cessent de proliférer. Pourtant, le RGPD, ou le Règlement Général sur la Protection des Données, n’est pas là pour inquiéter la population mais bien pour la protéger des abus du système numérique.

Le texte de loi le légiférant au niveau européen a été voté en 2016, mais son application n’a été effective qu’à partir du mois de mai 2018. Il a l’intérêt de remplacer une directive précédente, datant de 1995, qui était évidemment obsolète au vu de l’explosion du numérique et de la sphère internet au cours des vingt dernières années. Le premier objectif de celui-ci était d’avoir une loi commune pour les 27 pays de l’Union Européenne, afin de favoriser l’harmonisation entre les différents échanges entre particuliers et entreprises sur le net, et éviter les pièges lors de connexion à l’étranger.


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Des dizaines de mails, mais pour quelles modifications ?

Ainsi, au cours du mois de mai dernier, vous avez dû recevoir une flopée d’e-mails de toutes les compagnies où vous disposez d’un compte, que ce soit sur votre très sérieuse banque en ligne, votre irremplaçable fil Facebook, votre membership pour noter les films sur Allociné, ou votre profil de joueur sur PokerStarsaucune compagnie ne pouvait passer à côté de mettre à jour ses réglementations sous peine de pénibles retombées. Vous avez même dû recevoir des mails de sites dont vous aviez oublié jusqu’à l’existence, et où vous vous étiez inscrit il y a quinze ans de cela, car même les PME et TPE doivent s’actualiser à ce nouveau système pour rester dans le cadre de la loi.

Ainsi, désormais, chaque site doit vous demander un accord écrit en vous expliquant de manière claire et explicite comment les données personnelles sont traitées chez eux. On a ainsi vu fleurir les propositions visant à faire accepter au web-surfeurla parution de publicités personnalisées sur son compte au détriment de publicités génériques, ce qui était implicite avant la loi.

L’autre grosse avancée du RGPD est la possibilité pour tout internaute de demander à n’importe quelle compagnie d’effacer l’intégralité des données personnelles collectées par celle-ci et gardées en sa possession.

À l’heure où de plus en plus de personnes se désinscrivent de Facebook pour retrouver un sentiment de liberté et d’insouciance, cette loi facilite tout cela à grande échelle et permettrait normalement d’effacer la moindre trace de sa présence sur le net, de ses premières photos de profil à tous ses comptes effacés mais dont les données ont été stockées dans les gigantesques mémoires du Net.

Une application en douceur et sans réelles fausses notes

Pour l’instant, après trois mois d’application, peu de problèmes ont été à signaler et aucune conséquence juridique d’envergure n’a été subite par aucun des géants du Net. Mais il faut dire que les Google, Amazon et autre Apple ont des services juridiques au top de l’information et qu’ils ne prendraient jamais le risque de voir des millions d’utilisateurs se lancer en justice contre eux pour un simple contournement de la règle. En effet, même si toutes ces grosses sociétés sont américaines, le principe du RGPD s’applique à toute compagnie exerçant sur le sol, les réseaux et les ordinateurs européens, afin d’éviter toute fuite via d’autres moyens.

Les changements opérés par le RGPD ont donc été pour l’instant plutôt discrets, les compagnies informant simplement plus clairement de la manière dont ils utilisaient nos données mais ne changeant absolument pas la manière de les utiliser, à moins de refuser leurs termes et de quitter le site. Toutefois, le fameux droit à l’oubli, qui devrait devenir de plus en plus demandé au fur et à mesure des abus d’Internet, est une grande avancée pour éviter de sombrer dans une société où la vie privée n’aurait plus de privé que le nom.

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